(Eglise orthodoxe à Helsinki)
Je sais, je l'avoue même, je n'ai pas essayé de trouver le temps d'écrire un nouvel article depuis longtemps. Pour me faire pardonner, je vais mettre, de temps en temps, des accents sur les lettres qui en méritent.
On ne peut même pas parler de "nouveautés" en ce qui concerne ma vie. Non seulement l'étudiante australienne dont je parlais est ici depuis bien longtemps mais le bal de mon lycée est passé, et je ne parle pas de ma visite a Helsinki, des incalculables "micro-évènements", de la venue de ma vraie maman ici, en Finlande, ni même de mon voyage a St Petersbourg, duquel je suis revenu il n'y a que quelques heures.
Commencons par le commencement.
Je ne sais pas si j'ai évoqué la masse d'informations concernant le reste du monde -et ainsi non pas uniquement la Finlande- que j'ai pu accumulé depuis le début de cette année, du fait que je passe la plupart de mon temps avec des gens venant du monde entier, au risque de me répéter. Toujours est-il qu'il y a maintenant Ali dans la bande des étudiants d'échange, faisant régner la loi dans cette jolie ville prenant place a la frontière russe qu'est Lappeenranta -remarquez l'habile "mémo" que je mets en place afin de vous rappeler les informations de base de ma vie. Elle a 17 ans, a terminé le lycée et n'est ni timide, ni contre l'idée de faire la fête. Autant dire que sans apporter de fraîcheur de par les éléments de sa personnalité cités plus haut, elle en apporte tout de même. Aujourd'hui parfaitement intégrée, les choses sérieuses ont pu commencer.
Le bal de mon lycée est presque déjà un lointain souvenir, pour moi. Digne d'un véritable cliché de films romantico-romanesques, le seul élément cassant plus ou moins la "magie" de l'instant était le lieu : une simple salle de sport. Pour recapituler, tous les lycées de la ville, et même de toute la Finlande, ont ce bal, pour les élèves de 2ème année. Si je traduis le nom donné à cette tradition, ca pourrait donner "danses anciennes", et, en effet, comme le nom l'indique, j'ai, au même titre que tous les finlandais, ou presque, de mon âge, dansé des danses relativement vieillottes. Je présente le cadre : des filles dans des robes de contes de fées, sans le moindre défaut dans l'apparence physique, de la coiffure au maquillage, et une bande de mecs sympas en costumes sombres, dans un style "pingouin", pour être a 100% dans l'aspect ancien, ou bien plus moderne, pas de soucis. Les parents et amis prenaient place dans des tribunes.
La musique démarre et les pas s'enchaînent, puis les danses, et ainsi de suite jusqu'à la fin où les danseurs se rendent compte, surpris, que, oui, c'est déjà terminé.
Pour ma part, ayant quelques fois souffert a l'idée même de devoir me rendre aux cours de danse, j'ai presque eu un petit pincement au coeur en me rendant compte que, tout ca, c'était derrière moi. Et puis, pour l'anecdote, lors de la danse finale, présentée au public comme une surprise et étant une danse très festive et relativement actuelle, j'étais au premier rang. Heureusement, j'ai fait un sans fautes, et c'est pour ca que j'ai eu la classe.
(Rampe de ski)
Ah, Helsinki ! Bord de mer, un demi-million d'habitants et un environnement moderne délicieux se mêlant à merveille avec des bâtiments plus anciens et tout aussi agréables au regard. J'y ai donc enfin mis mon nez pour un peu plus de quelques heures. La vraie raison de ma présence n'etait pas le désir de visiter la ville mais la venue exceptionnelle d'un groupe de rock anglais que j'aime particulièrement. Néanmoins, j'attendais avec grande impatience de voir a quoi ressemblait la capitale finlandaise. Pas décu le Gabriel ! Comme je l'ai dit plus haut, Helsinki est une ville vraiment très jolie et dans laquelle il est bien plus que simplement agréable de déambuler dans les rues, entre les magasins de produits divers et variés, la plupart du temps proposés sous la forme de designs à vous mettre l'eau à la bouche. N'étant pour autant pas plongée dans une unité moderne, la ville contient aussi un port et bon nombre d'anciens bâtiments tels qu'un marché couvert au look "vieil hangar rénové en marché de produits du terroir mais pas vraiment en fait pour le terroir". Une petite ville qui fait la grande et réussit à ce jeu bien mieux que de nombreuses grandes villes. En effet, on fait malgré tout assez vite le tour du centre-ville, mais Helsinki réserve de petites rues ici et là qui feront même craquer les plus difficiles. Le fait que tout le monde y parle anglais, comme à peu-près toute la Finlande, est un élément à mentionner. Je ne m'étenderai pas plus longtemps sur Hell-sin-kiss, pour reprendre les deux jeux de mots les plus fréquents, mais parlerai quand même de l'effet magique qu'a un tour de tramway, par nuit, à travers le centre-ville illuminé.
Pour ce qui est de ce que j'ai appelé les "micro-évènements", j'en citerai trois qui me viennent à l'esprit. Il s'agit de "Penkarit", des "rameaux" finlandais et de "Vappu".
Le premier est un jour de fête servant à célébrer la fin des cours des élèves de 3ème année. Ca se passe courant Février voire début Mars si je me souviens bien. Le lycée est décoré par les futurs diplômés qui, eux-mêmes, sont déguisés en animaux, célébrités, monstres etc. Pour ce qui est de mon lycée, nous avons eu le droit a une grande réunion dans la salle principale du lycée avec projection de vidéos amusantes mettant en scène lesdits élèves de 3ème année, se moquant gentiment d'éléments caractéristiques du lycée, comme de certains professeurs. Nous avons même eu droit à une vidéo du professeur d'histoire le plus célèbre du lycée, alors qu'il n'avait que six ou sept ans. Ensuite vient ce qui se passe partout. Des camions remorques arrivent devant le lycée et les costumés y grimpent, armés de sacs lourds de sucreries qu'ils iront lancer ici et là à travers la ville. Pour l'information, il me reste toujours des bonbons que j'ai ramassé ce jour-là, c'est dire comme cette tempête de sucreries fait de l'ombre aux tempêtes de neige finlandaises !
Pour ce qui est des rameaux version finlandaise, la coutume veut que les enfants décorent des branches de saules, principalement avec des plumes colorées, pour ensuite aller sonner chez des gens afin de leur demander des oeufs en chocolat ou bien un peu d'argent. Je me suis prêté au jeu et j'ai récolté plein de chocolat !
Vappu, le dernier évènement majeur dont je parlais, a lieu le 1er Mai. On appelle ca en France la fête du travail. Jour férié, tout le monde se rêvêt de la casquette blanche que l'on obtient lorsque l'on obtient le baccalauréat finlandais, et, va, du moins en ce qui concerne Lappeenranta, au bord du port ou à la forteresse, pour un pique-nique en famille ou entre amis et qui se prolongera jusqu'au petit matin, pour certains, qui continueront la fête en l'arrosant "à la nordique" lorsque le soleil commence à se coucher. Croyez-moi, c'est une sacrée expérience de voir quelque chose comme 800 personnes au même endroit !
Le fait que je vive dans des familles d'accueils ne veut pas dire que j'ai composé le 119 SOS Enfants Battus pour me séparer de ma famille biologique. C'est donc très heureux que j'ai passé une semaine, avec ma réelle mère, qui est venue passer une semaine en Finlande, aimablement hébergée par mes familles d'accueil. Au programme, visite de la ville, incroyable fête d'anniversaire surprise du Gabriel (ndlr : héros de ce blog et futur maître du monde. Enfin, "futur", c'est côté officiel parce que... héhéhé) devenu majeur, pêche sur un lac gelé et petit séjour à Helsinki. Le petit coup de fouet qui ne fait pas de mal et aide à "reprendre des forces" pour continuer cette année parce que 8 mois, c'est tout de même une longue séparation hein !
Venons-en à la météo, puisque s'il y a bien une chose à laquelle l'on pense lorsque l'on parle de la Finlande, après Gabriel, c'est bien le froid. Le problème est réglé et c'est non sans joie que j'annonce avec fierté qu'il fait, depuis maintenant bien deux semaines, une température tournant autour des 14 degrés en moyenne. Ca peut paraître froid pour certains, mais, ici, c'est le Brésil !
Me voilà sur le point de parler de la Russie, et plus particulièrement de Saint-Petersbourg, où j'y ai passé les quatre derniers jours. Encore à chaud de ce voyage plus qu'extraordinaire, vous me pardonnerez mes éventuelles envolées lyriques pompeuses.
Voilà rapidement ce à quoi j'ai eu le droit : passage à la frontière vous mettant dans l'ambiance "y aurait-il une guerre dont je n'aurais pas entendu parler ?", visite à Vipuri, ancienne ville finlandaise, puis direction Saint-Petersbourg. Ensuite, musée de l'Hermitage, opéra-ballet sur la musique du "Casse Noisettes" de Tchaïkosvki, musée d'anthropologie et d'éthnologie, spectacle de danses et chants traditionnels, visite libre du centre ville et retour en Finlande.
N'y allons pas par quatre chemins, la Russie est un pays dingue. Loin et proche de tout ce qu'on en raconte, bien que ce soit toujours un peu flou, y être allé est une des choses les plus incroyables qu'il m'ait éte donné de faire ! La frontière. Des personnes en tenues militaires qui ne savent pas que le visage humain peut afficher un sourire, des interdictions de prendre des photos, des tas et des tas de vérifications des passeports et papiers d'identité avec des gens qui ne vous disent pas le moindre mot et je n'exagère pas. On nous a vérifié quatre fois les passeports. Lors d'un passage à l'un des points de contrôle où l'on a dû passer un par un devant un petit comptoir où une personne loin de toutes définitions des mots "sociables", "aimables" voire même "humaine", nous fixait pour être certain que nous êtions la personne de la photographie de notre passeport, notre bus était arrêté au-dessus d'une route dans laquelle était creusée une galerie, permettant aux autorités russes de vérifier que personne ne se trouvait sous le bus. D'autres militaires passaient dans le bus et vérifiaient l'absence d'objets interdits.
Enfin, nous sommes en Russie. Les panneaux sont écrits avec un autre alphabet et... c'est la seule différence jusqu'à maintenant. Paysages identiques, on se surprend à en être surpris. Ah si, tout de même, la route était dans un état lamentable. Une fois à Vipuri, visite très courte en bus et arrêt pour changer la monnaie et acheter de l'eau. De l'eau ? Oui, de l'eau minérale puisqu'en Russie, l'eau du robinet n'est pas potable et qu'il est même très fortement deconseillé de se rincer la bouche, après s'être brossé les dents, avec l'eau du robinet. Après la découverte des prix incroyablements bas d'à peu près tous les produits, de la "sur-présence" et surabondance de boissons alcoolisées dans les magasins et du désordre général, nous nous dirigeons vers Saint-Petersbourg.
Une fois entrés dans la ville, même réactions de tous, à savoir un profond dégout pour ces blocs d'appartements très laids, identiques et très nombreux. Puis, au fur et à mesure apparaissent les merveilles. Les appareils photos collés aux vitres du bus, les doigts pointant ca et là des enseignes bien connus mais portant, là, le nom en russe et autres joyeuseries. On remarque tout de suite la présence importante de ponts et le grand fleuve qui traverse la ville de part en part. Fleuve qui forme le lac Saimaa, à côté duquel se trouve, entre autres, Lappeenranta et qui se trouve être le plus grand lac de Finlande. On peut même faire Lappeenranta -> St-Petersbourg en bateau. Nous voilà à l'hôtel, qui comme le reste de la ville, est gigantesque, colossal, immense, titanesque et autres adjectifs du même genre. En effet, l'on se sent totalement écrasés dans cette ville qui ne semble ne pas avoir de limites. Il faut tout de même noter que Saint Petersbourg compte plus de cinq millions d'habitants, c'est donc une très grosse ville ; mais malgré tout, quelle sensation ! Une fois dans le hall de l'hôtel, me faisant penser à une gare, nous nous répartissons dans les chambres. Pas moins de 18 étages et chacun d'entre eux garnis de beaucoup de chambres, et j'insiste sur le "beaucoup".
(L'opéra, à Saint-Petersbourg)
Je passe les détails, l'heure de se coucher est vite arrivé, fatigués d'un long voyage. Le lendemain, nous avons tourné dans la ville, en bus, accompagnés d'un guide devant parler à toute vitesse pour commenter chaque chose, ce qui rendait la compréhension parfois assez confuse. Des bâtiments à vous laisser la bouche ouverte tel un benêt, des gens d'une diversité effarante et un ensemble d'une beauté à vous faire oublier toutes les blagues un poil méchant que les finlandais font à propos des russes. Nous sommes devant le musée de l'Hermitage. Plus grand musée d'Europe voire du monde. Pour résumer, on a presque envie de rire devant l'énormité du bâtiment et je ne parle pas de l'intérieur. Des gens auraient éclaté en sanglots que ca ne m'aurait pas tant étonné. Un palais de 400 pièces, des plafonds à des hauteurs pas possibles, des peintures incroyables, de la dorure partout, des chandeliers à vous donner le vertige de par leur tailles imposantes et des sculptures, des tableaux venant du monde entier, des exclamations devant certaines oeuvres, du genre "Quoi ? Ce tableau est donc ici !" et des plafonds vous faisant oublier la douleur que vous ressentez dans votre nuque tant vous levez la tête de par leur magnificence. On aurait presque peur de marcher, effrayés d'abimer les mosaïques de granit du sol de certaines pièces. En bref, des yeux comme ca, un sentiment unique, et, encore une fois, une véritable expérience.
Puis est venu le moment d'aller à l'opéra. Je pense qu'il est inutile de parler de la réputation des théâtres et opéras en place dans la ville et qu'il ne sert pas non plus à grand chose de présenter le "Casse Noisettes", ni même Tchaikovski. Ca a été un véritable choc ! Transcendé, j'en ai des frissons a évoquer cet instant. L'Opéra était gigantesque, assis aux balcons les plus hauts, j'en avais le vertige, et magnifique. La musique était comme un somptueux dessert pour les oreilles et en ce qui concerne la danse... En fait, j'ai peur de tomber dans les métaphores kitschy-ridicules. Je ne sais juste pas trouver les mots pour découvrir à quel point ca m'a bouleversé. Pour résumer, j'avais les larmes aux yeux une bonne partie de la prestation d'environ 2h30. De la pure folie. Apres une bonne nuit de sommeil, nous étions prêts pour encore plus. Le musée d'anthropologie et d'ethnologie présentait des costumes et objets d'un nombre incalculable de civilisations différentes. La pièce contenant des foetus de bébés humains morts-nés et mal formés, issus de la collection d'un médecin-chercheur, était quelque chose à voir : entre "Star Wars" et "Pokémon", en passant par "Freak" ou encore "Alien". Nous avons ensuite eu environ quatre heures de temps libre dans l'avenue principale de la ville, soit "Nevsky Prospekt", coeur du centre de la ville. Encore une fois, tout était démesuré. J'en parlais plus haut mais je vais en parler encore : les gens ne se ressemblent pas du tout. C'est vraiment étonnant, aussi bien physiquement qu'au niveau vestimentaire, on croirait changer de pays à chaque pas. A noter l'abondance extrême de marchands de rues qui vous suivent partout et ne vous lâchent jamais. Il y a d'ailleurs quelque chose d'étonnant en ce qui les concerne, c'est qu'ils vous vendent toujours des souvenirs russes mais la plupart d'entre eux sont des t-shirts, des drapeaux et autres produits à l'effigie de l'ère communisme. On a l'impression qu'ils sont malgré tout fiers de cette période. Après avoir discutés un peu avec guides et autres, l'on m'a dit que cette période ayant apporté argent et, dans un sens, célébrité au pays, ils n'en avaient pas tant honte que ca ; intéressant. Pour ce qui est de la trace francaise, il y a toujours les produits phares, notamment cosmétiques et marques de vêtements de luxe, mais l'on trouve aussi beaucoup de magasins portant tout simplement des noms francais. Le prestige francais partout dans le monde !
A la suite de cette longue journée, nous sommes donc rentrés à l'hôtel, les pieds en compote. Je me dois de parler un peu de la télévision russe. C'est assez difficile à décrire et je ne comprenais pas les programmes mais ca m'a apparu tout simplement bizarre, étrange. Les chaînes de télévision semblent principalement contenir des programmes assez stupides et les films et émissions sont doublés mais alors attention... la voix originale reste en fond. Ne vous imaginez pas que ca ressemble à certains programmes d'Arte, par exemple, ca n'a rien à voir. D'abord, la voix originale garde pratiquement son niveau sonore d'origine, et ensuite, les doubleurs ne font que traduire et ne mettent pas la moindre expression dans leur voix. Ainsi, "Jurassic Park" ayant été à la télévision ce soir-là, j'ai pu observer à quel point le résultat est ridicule. Les voix réelles, en situation catastrophe, hurlent, tandis que les voix russes disent la même chose, par-dessus, du ton le plus calme qui soit.
Enfin, le lendemain, nous avons assisté à un spectacle de danses et chants traditionnels russes. Au départ, j'avoue ne pas avoir été très impatient à l'idée d'aller voir ca, mais, au final, la performance s'est avéré être excellente ! Des costumes traditionnels, des chants très beaux, des danses contenant des acrobaties vraiment impressionnantes, un brin d'histoire et une touche d'humour rendant le tout absolument génial ! Nous avons pris la route du retour un peu après et est venu le moment de dire aurevoir ou bien adieu aux autres étudiants d'échange n'étant pas dans la même ville. Evidemment, on ne réalise pas tout à fait, qu'on ne les reverra plus mais, quand même, ca ne rend pas très joyeux.
Quoiqu'il en soit, ce voyage était formidable. Maintenant, ma vie va reprendre son petit bonhomme de chemin avant la fin des cours qui arrive autour du 30 Mai.
Avec les autres étrangers de ma ville, nous nous préparons un voyage de quelques jours à Stockholm.
Je vais rencontrer ma troisième et dernière famille d'accueil, demain.